Déclaration du roy (16 février 1599)

Source: Archives Nationales, O/1/281,  n. 83

Henry etc. à tous ceux qui ces présentes lettres verront salut.

Nous avons eu de tous tems telle satisfaction de l'amitié et obéissance que notre très chère et très amée sœur unique nous a rendue, que l’affection à quoi la nature nous oblige envers elle étant encore accrue par ses mérites, nous a fait désirer lui en rendre tous les témoignages que nous avons pu, mesme ayant plu à Dieu nous élever à cette couronne, nous avons estimé que le lustre de notre dignité devoit aucunement resplendir en elle, et qu’etant sœur unique d’un roy de France, fille d'un roy de Navarre, et conjointe par mariage avec le fils ainé d’un prince souverain et d’une fille de France, nous étions obligez lui conserver à l’advenir le rang éminent et dignité auguste auquel elle a vécu depuis notre advenement pardessus toutes personnes de notre royaume. ce que nous avons pensé ne lui pouvoir mieux assurer que par l’attribution et communication des privilèges et prérogatives pareils à ceux dont jouissent les filles de France.

A ces causes et autres bonnes et grandes considérations à ce nous mouvans, et de l'advis d'aucuns princes de notre sang, officiers de la couronne et autres grands et notables personnages de notre conseil, nous de notre propre mouvement pleine puissance et autorité royale, avons déclaré, voulu et ordonné, voulons, déclarons et ordonnons que notre sœur ores et à l’advenir jouisse des privilèges autoritez et préeminences, honneurs, prérogatives et dignitez qu’ont accoutumé de jouir les filles de France, devant, constant, et après leur mariage, tant en son nom et titre, rang, ordre et séance, qu’en toutes autres choses, et à l’égard de toutes personnes telles qu’elles soient, sans qu’elle puisse y être aucunement troublée et empeschée sous quelque pretexte et couleur que ce soit. Si donnons en mandement à nos amez et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement a Paris, que nos présentes lettres ils fassent enregistrer et du contenu en icelles plainement et paisiblement jouir notred. sœur car tel est notre plaisir.

Donné à Paris le 27 jour de janvier l'an de grâce 1599, et de notre règne le dixieme.

Ainsy signé henry et sur le reply Ruze et scellées du grand sceau de cire jaune à double queue et encore sur le reply desd. lettres est écrit registrées, oy en consentant le procureur general du roy, pour jouir par ladite dame impétrante de l’effet et contenu en icelles a Paris en parlement le 16e fevrier l'an 1599, signe Voisin. 


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François Velde

Last modified: Sep 20, 2004